Le plus beau cadeau n'est pas le plus cher - MesBilles

Culture

En France, c'est aujourd'hui la Fête des Mères. Partout, on offre des fleurs, des chocolats, des cadeaux. Mais derrière ce rituel, une question discrète : qu'est-ce qui rend un cadeau vraiment touchant ? La réponse tient peut-être dans l'histoire de la femme qui a inventé cette fête, et qui a fini par la combattre.

Qui a inventé la Fête des Mères ?

Anna Jarvis et sa mère Ann Reeves Jarvis, à l'origine de la Fête des Mères

La Fête des Mères telle qu'on la connaît est née aux États-Unis, portée par une femme : Anna Jarvis (notice en anglais). Née en 1864 à Webster, en Virginie-Occidentale, elle grandit dans une Amérique rurale et rude : dixième de treize enfants, dont quatre seulement atteindront l'âge adulte. Sa mère, Ann Reeves Jarvis, enseignante et militante, avait organisé des clubs d'entraide entre mères pour lutter contre la mortalité infantile, et rêvait tout haut d'une journée qui honorerait les mères.

Anna fut tour à tour institutrice, employée de banque, puis rédactrice publicitaire à Philadelphie. Elle ne s'est jamais mariée et n'a pas eu d'enfants : c'est à la mémoire de sa mère, morte en 1905, qu'elle a consacré sa vie. En 1908, elle organise la première célébration, dans une église de Grafton. Elle choisit le deuxième dimanche de mai, jour de la mort de sa mère, et tient à l'orthographe « Mother's Day » au singulier : non pas les mères en général, mais celle de chacun, intimement. En 1914, le président Woodrow Wilson en fait une fête nationale ; aux États-Unis, on la célèbre depuis ce deuxième dimanche de mai.

Pourquoi Anna Jarvis a-t-elle combattu sa propre fête ?

Carte et présents anciens de Fête des Mères, témoins de la commercialisation de la fête

Parce qu'elle l'a vue se transformer en marché. Très vite, cartes, fleurs et confiseries s'emparent de la journée. Horrifiée de voir son idée récupérée par le commerce, Anna Jarvis passe le reste de sa vie à s'y opposer : elle fait déposer le nom « Mother's Day » comme une marque, multiplie les procès, et reproche même à Eleanor Roosevelt d'utiliser la journée pour lever des fonds. Elle ira jusqu'à dire qu'une carte imprimée ne prouve qu'une chose : qu'on a été trop paresseux pour écrire soi-même à sa mère. Elle meurt en 1948, presque sans ressources.

Son histoire n'est pas un reproche adressé à ceux qui offrent. C'est une boussole : ce qu'elle défendait, c'était l'intime contre le tape-à-l'œil, le geste contre la dépense.

Pourquoi la Fête des Mères tombe-t-elle fin mai en France ?

La loi du 24 mai 1950 instituant la Fête des Mères, parue au Journal officiel

Parce que c'est inscrit dans la loi, et peu de gens le savent. Une loi du 24 mai 1950, promulguée par le président Vincent Auriol sous le gouvernement de Georges Bidault, dispose que la République « rend officiellement hommage chaque année aux mères françaises », lors d'une journée fixée au dernier dimanche de mai (reportée au premier dimanche de juin si elle coïncide avec la Pentecôte). C'est pourquoi elle tombe aujourd'hui. On peut d'ailleurs encore lire le texte paru au Journal officiel du 25 mai 1950.

Mais cette date a une histoire plus ancienne. Après plusieurs initiatives locales au début du XXe siècle, une journée des mères est officiellement instaurée en France pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d'être reprise dans un cadre républicain par la loi de 1950. Une même date, mais des intentions très différentes selon les époques.

La Fête des Mères a-t-elle lieu partout à la même date ?

Non. D'un pays à l'autre, l'élan est le même, mais le calendrier change. Aux États-Unis comme en Allemagne, elle tombe le deuxième dimanche de mai. L'Espagne la célèbre le premier dimanche de mai, la France le dernier, la Norvège dès le deuxième dimanche de février. Au Royaume-Uni et en Irlande, elle suit un tout autre calendrier, le Mothering Sunday, quatrième dimanche du Carême, héritage religieux bien plus ancien que la version américaine. Une même intention, célébrée à des dates qui ne se ressemblent pas.

L'esprit du don

Au fond, les cadeaux dont on se souvient sont rarement les plus chers. Ce sont les plus personnels : ceux qu'on a choisis en pensant vraiment à l'autre, ou mieux, ceux qu'on a fabriqués. Le dessin d'un enfant, un objet façonné de ses mains, valent souvent davantage qu'un présent acheté à la hâte.

À l'origine, aux États-Unis, le tout premier cadeau offert aux mères était un simple œillet blanc, la fleur que préférait la mère d'Anna Jarvis. Mais une fleur fane. On peut retrouver cet esprit du don en préférant, à un présent périssable, quelque chose qui dure et qui se garde.

Et la bille dans tout ça ?

La bille appartient justement à cette famille d'objets modestes, personnels et durables. Elle ne coûte presque rien, elle se garde, elle se transmet d'une génération à l'autre. On peut la choisir pour sa couleur, l'offrir à l'unité, ou la glisser dans un objet fait main. C'est l'exact contraire du cadeau de consommation : un petit rien qui veut dire beaucoup. C'est dans cet esprit que, chez MesBilles, nous proposons des billes à offrir, et que nous avons partagé trois idées de cadeau à composer pour ce dimanche dans notre Gazette.

Petite création en pâte à sel ornée d'une grande bille translucide, faite main, exemple de cadeau personnel

Une petite création faite maison, comme celle-ci, dit quelque chose qu'aucun cadeau standardisé ne saura formuler. C'est précisément ce qu'Anna Jarvis aurait aimé.

Pour aller plus loin

Chez MesBilles

Mascotte Ronde MesBilles

L'œil MesBilles

Une maison de sélection. Nous croyons aux objets qui se transmettent plutôt qu'ils ne se consomment.

Offrir une bille, transmettre un souvenir →

Sources

Encyclopædia Britannica, Anna Jarvis (en anglais) · Légifrance, loi n°50-577 du 24 mai 1950 · Journal officiel du 25 mai 1950

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